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Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

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Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par Pierre FONTANARI le Dim 4 Sep - 10:33

Bonjour à toutes et tous,

Vous vous apprêtez à lire ma deuxième Libre Chronique.
Je mets volontairement ma Chronique Particulière, intitulée « Dies Irae », qui comme son nom l’indique entendait exprimer la colère éprouvée face « au drôle » de climat qui entoure les « Affaires » Preynat et Babarin… Sa structuration, bien que chronologique, ne reposait pas sur la volonté de pointer les faits remarquables en lien avec ces dernières et donc de vous permettre d’accéder à un résumé – nécessairement partisan – de leurs derniers développements.
Pour ce second « opus », je suis donc revenu à la structure du premier, tout en essayant de tenir compte des remarques que vous avez eu la gentillesse de me livrer, en tentant, par exemple, de veiller à la longueur de mon texte…
Peine perdue : je suis un bavard impénitent !
Un grand merci toutefois pour vos réactions, globalement très positives.
Il me semble que la première Libre Chronique a permis d’animer le forum et de lancer quelques échanges.
C’est aussi le but de ces chroniques : susciter des réactions.
J’espère qu’il en sera de même avec ce deuxième épisode !
Il faut dire que sa rédaction m’aura donné beaucoup de mal…
Aujourd'hui, elle n'est pas parfaite, "mais elle a le mérite d'exister", comme dirait un ami proche!
Difficile en débutant la rédaction de celui-ci de savoir où placer le curseur temporel tant les journées continuent de porter leur lot d’évènements marquants.
De ceci je me suis expliqué en préambule de mes « Dies Irae ».
La richesse de l’actualité a contribué à retarder la parution de la suite des Libres Chroniques.
Sans parler de la défaite assez incompréhensible du Rugby Club Toulonnais en finale du Top 14 ou encore du décès de l’écrivain essayiste Maurice G. Dantec…
Initialement, j’avais prévu de m’arrêter au dernier week-end du mois de… juin.
Finalement, je suis parti pour une semaine supplémentaire.
Puis il y eu les vacances…
Puis la nouvelle du classement sans suite de l’enquête préliminaire visant le Cardinal Barbarin, qui m’a laissé quelques temps sans voix.
Puis il y eu les vacances… (ah ! ça je l’ai déjà dit !)
La présente Libre Chronique s’étend donc du 15 juin au… 31 septembre !
Finalement, les aléas font plutôt bien les choses : mes chroniques font, elles aussi, leur rentrée !
Bonne lecture !


***


Cette deuxième Libre Chronique commence par une interrogation. Les affaires de pédophilie qui secouent, entre autres, l’Eglise de France ont-t-elle des conséquences sur la vie paroissiale ? C’est un article du Perche (La vie religieuse locale est-elle impactée?) qui « ouvre le débat ». Le prêtre interrogé, s’il dit bien qu’il convient de « mettre des mots […] sur ces évènements difficiles [sur] de tels agissements [qui ne] sont pas possibles » indique également qu’« il faut laisser la Justice faire ». Certes. Mais quid des mesures à prises ou à prendre par l’Eglise ? Dans la paroisse concernée voici l’une des mesures proposées : « Lors des retraites notamment pour les jeunes qui se préparent à recevoir le sacrement de la confirmation. Nous avons instauré des protocoles qui sécurisent à la fois les enfants bien sûr, les prêtres et les parents. D’ailleurs, s’ils ne sont pas là, il n’y a pas de retraite ». Le journaliste parle « d’un fonctionnement intelligent, de bonnes pratiques ». Et le prêtre de surenchérir : « Et puis au sein de la paroisse Saint-Céronne, « les gens nous font confiance. Il y a un rapport franc et direct » ». Bonnes pratiques ? Confiance ? Voilà qui résonne étrangement et tristement à mes oreilles… Voici ce qui pend au nez de tous les éducateurs, enseignants et autres animateurs en prise directe avec des mineurs : être accompagnés « dès fois que » mais « en toute confiance »… Nous touchons là à l’une des conséquences ultimes de ce mal commis par des pervers. Une perte de confiance généralisée. Chacun sera bientôt suspecté des pires penchants. Bravo et merci messieurs les pédophiles institutionnels ! D’ailleurs, c’est exactement à ce point que nos cousins Québécois sont aujourd’hui rendus puisque « Dès l’automne, les prêtres d’une dizaine de paroisses de Montréal ne pourront plus se retrouver seuls avec des enfants, une directive qui vise à mettre fin aux scandales de pédophilie qui entachent l’Église au Québec » Un projet pilote qui pourrait être étendu à l’ensemble des 194 paroisses du diocèse…. La ligne de force de ce projet est qu’«Il faut diminuer les risques qu’il y ait une agression. Un adulte ne doit jamais être seul avec un enfant. Je dis peut-être ça naïvement, mais surtout dans le cas d’un prêtre», lance Mgr Lépine. Dans le même temps celui-ci indique « «Il faut que les prédateurs sachent qu’ils n’ont pas leur place (dans l’Église). Ils doivent savoir que s’ils se font prendre, c’est fini pour eux. Si tu veux commettre des agressions, ne deviens pas prêtre». Et si l’on commençait par cela ? Dépister les prédateurs parmi les prétendants à la prêtrise ? Débusquer les pervers parmi les prêtres en fonction ? Car le « filet de sécurité » imaginé par Mgr Lépine s’il empêchera – peut-être – les prêtres pédophiles de passer à l’acte dans le cadre de leurs missions sacerdotales en quoi cela les empêchera-t-il de sévir en dehors du contexte de l’Eglise s’ils ne sont pas identifiés ? (Les prêtres ne pourront plus être seuls avec les enfants!). Quant au possible rejet de la chose religieuse se traduisant par une demande en "débaptisation", le prêtre interrogé par le journaliste « du Perche » n’y croit pas. Mais vous l’aurez compris : il règne la plus grande des confiances… dès lors que les curés accompagnant les enfants sont dotés de camisoles…
Autre élément intéressant, la statistique des personnes ayant dénoncé des abus à la Conférence des Evêques de France (Pédophilie: 53 personnes ont dénoncés des abus à la conférence des évêques de France). 53 ! Pour toute la France… Là où LPL en a enregistré près de 70 rien que pour l’affaire Preynat… Un bel outil, efficace donc… Selon un bilan établi au 14 juin et auquel a eu accès le journaliste, « plus de la moitié des faits date d'avant 1970. Sept concernent les années 70, trois les années 80, deux les années 90 et cinq les années 2000 ». Ces mails concernent 28 prêtres diocésains, 9 religieux (moines ou frères), 2 diacres, 2 animateurs laïcs et 2 femmes, une religieuse et une professeure d'établissement catholique, selon le document. « La grande majorité de ces prêtres et religieux sont aujourd'hui décédés, plusieurs sont très âgés et retirés du ministère actif », relève la note, selon laquelle « aucun coupable présumé n'est actuellement en ministère paroissial ou établissement scolaire ». Certains des dossiers évoqués dans ces courriels « ont fait l'objet d'un procès, d'autres d'un signalement, d'autres d'un courrier à l'évêque intervenu après le décès du coupable présumé », lit-on dans ce texte. Ouf ! Comme dirait l’autre, grâce à Dieu 48 cas sont prescrits, sans compter les morts... Passons sur « une certaine frustration […] apparue chez certains correspondants face au procédé, trouvant la CEF trop impersonnelle et peu engagée dans ses réponses »... Décidément, LPL a une fâcheuse tendance à surfer sur les vaguelettes d’une tempête dans un verre d’eau… Dont acte.
Beaucoup plus pertinent, nous avons reçu le courrier d’un prêtre, courrier intitulé « UN CARDINAL AU RISQUE DE L'EVANGILE». Plus qu’un courrier, une analyse de l’attitude du Primat de Gaules au décours de l’affaire Preynat… Je ne peux que vous inviter à lire son contenu in extenso . Les propos sont clairs, précis, implacables, oserais-je dire coupants, quand bien même sont-ils étayés par des citations de l’Evangile (ou peut-être en raison du fait qu’ils le sont ?). Extraits…
- Sur les pertes de mémoire du Cardinal au sujet de la révélation des faits :
« Après avoir déclaré n’être au courant des faits que depuis 2014 (date à laquelle il avait reçu la dernière des victimes), le Cardinal a rectifié en parlant de 2007-2008, le Père Preynat ayant lui-même indiqué cette date.
→ Cette « imprécision » relevait-elle d’un calcul opportuniste ? d’une mémoire défaillante ?
→ S’il s’agit de défaillance de mémoire, sur un sujet aussi sérieux, doit-on conclure à un manque réel de prise de conscience de la gravité des actes commis ?…
→ Le passage de 2014 à 2007-2008 est-il dû à l’intervention du Père Preynat, ou à la prise de conscience du délai de 3 ans pour la prescription ?
Sans même évoquer la date de 2011 à laquelle une autre victime était intervenue, ce flou laisse perplexe.
‘Que votre parole soit ‘oui’ si c’est ‘oui’, ‘non’ si c’est ‘non’ », nous dit Jésus dans l’Evangile, Lui qui est venu « rendre témoignage à la vérité’ »
- Sur l’engagement de l’agence de communication Vae Solis, spécialisée dans les gestions de crise :
« → Comment, et par qui, est assumé le coût financier (sans doute conséquent) de ces ‘services’ ?
→ Qu’en est-il de la moralité des actions préconisées et de leur cohérence avec l’Evangile ?
→ Est-il légitime, pour le Primat des Gaules, de s’en remettre ainsi aux conseils de ceux qui obéissent à la logique du « monde » ?
‘Petits enfants, gardez-vous des idoles’ dit Saint Jean. »
- Sur la stratégie de défense de Preynat :
« Maître Doyez, avocat du père Preynat, avait fait appel du jugement de non-prescription des faits concernant son client. Il vient de pourvoir l’affaire en cassation, tout en laissant entendre que son client est peu impliqué dans cette décision.
→ Par qui ces appels successifs sont-ils financés sachant, qu’outre les honoraires de l’avocat, le pourvoi en cassation est très onéreux ? Par une fortune personnelle du Père Preynat ? Par l’évêché, sous un mode ou un autre ?
→ A qui profite un tel acharnement sinon au Cardinal qui verrait alors, selon l’avis de ses avocats, annulée la plainte déposée contre lui ?
→ Cela signifie-t-il une collusion entre les avocats du Cardinal et celui du Père Preynat, avec éventuellement des pressions sur celui-ci ?
[…]
→ Le Cardinal, en tant qu’évêque responsable de ses prêtres et chargé de les aider, ne pourrait-il pas demander au Père Preynat d’arrêter là les procédures, d’autant que celles-ci ne sont pas opérées en faveur des victimes (les ‘plus faibles’ chers au Pape François), mais en faveur des bourreaux ?
→ S’il ne le fait pas, quelle en est la raison ?
→ Sert-il le bien du Père Preynat, ou se sert-il de celui-ci ?
→ Comment le Cardinal peut-il prôner l’imprescriptibilité canonique et en même temps laisser opérer ces recours ? N’y a-t-il pas là une réelle contradiction ?
‘Les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière’, regrette Jésus dans l’Evangile. »
Et de conclure : « A moins de changer radicalement de cap et de demander réellement pardon au peuple chrétien, le Cardinal Barbarin est-il encore digne d’occuper la place qui est la sienne actuellement ? ». Ce n’est pas LPL qui le dit…
Le Journal du Dimanche, nous a également livré un témoignage édifiant. Celui du neveu d’un prêtre pédophile qui a réussi à trouver le ressort de porter plainte (Le neveu d'un prêtre pédophile sors de son silence). Témoignage édifiant car hormis le lien de parenté qui rend les faits un peu plus horribles encore si cela est possible, ce que relate cette victime entre en résonance d’une bien étrange manière avec le vécu des victimes de Preynat. Voici ce que répond Paul Chabre au journaliste qui lui demande pourquoi il n’a pas tourné la page ( !) comme les faits sont prescrits : « Je veux justement dénoncer cette prescription que je juge inacceptable. J'ai été bâillonné par la justice. Pour pouvoir engager des poursuites, il aurait fallu que je le fasse avant mes 28 ans*. Or j'avais 36 ans lorsque j'ai enfin pu raconter à mes parents ce que j'ai subi. À 17 ans, j'en ai parlé à un psychiatre mais il n'a rien fait, puis à 19 ans à ma première petite amie mais elle n'a pas su m'aider. Enfin à mon épouse mais en lui intimant le silence. En 1999, j'ai craqué et je me suis confié à ma sœur. La réalité était tellement inaudible qu'elle l'avait effacée de sa mémoire dès le lendemain. Il a d'abord fallu que je me reconstruise, que j'accède à l'enfant victime que j'avais été et que je lui laisse une place. C'est l'entreprise d'une vie… Sentimentalement et psychologiquement, il y a des choses qui ont été détruites chez moi pour toujours. Sans prescription. ». Rien à ajouter. Plus de question votre honneur.
Des questions, en revanche, vont sans nul doute émerger de l’examen des pièces du « dossier Preynat », comme celui-ci a été autorisé par le parquet de Lyon (Nouveau délai dans l'affaire Barbarin). Un mois a donc été laissé aux deux parties prendre connaissance du dossier d’enquête. Ce délai sera-t-il suffisant pour que les avocats de l’archevêque de Lyon prennent la pleine mesure des responsabilités de leur client ? Que l’on me permette d’en douter, tant les propos de l’un (Me Soulier) et de l’autre (Me Luciani) les montrent arcboutés sur leur ligne de défense initiale : lorsque l’argument du « procès en sorcellerie » ne semble pas suffire, ils indiquent que le Cardinal n’a pas commis d’infraction rejetant la faute sur « "les parents et les intéressés", pour ne pas avoir entamé des poursuites plus tôt ». Ces derniers apprécieront. En clair il y a l’affaire Preynat d’un côté et une non-affaire Barbarin de l’autre. Dès lors pourquoi Me Soulier semble-t-il jubiler (cf. l’article de Lyon Capitale) d’avoir, enfin !, accès au dossier comme il « déplorait depuis plusieurs mois n'avoir pas connaissance des faits précis reprochés à son client » ? Si les deux dossiers sont à ce point distincts qu’espère-il trouver dans celui qui concerne le père Preynat ?
Pendant ce temps-là, en Suisse, l’Eglise Catholique a décidé d’écouter les victimes et notamment celles pour lesquelles les faits sont prescrits (Suisse: les victimes d'abus pourront demander réparation). Car Charles Morerod, Evêque de Lausanne, Genève et Fribourg a lui bien compris que «la prescription n'efface pas la souffrance». En fait, depuis fin 2015, a été mise en place, la Commission d'écoute, de conciliation, d'arbitrage et de réparation (CECAR). Cet organe, «neutre et indépendant des autorités de l'Eglise catholique», permet aujourd’hui aux victimes mineures au moment des actes et dont les faits sont prescrits de demander réparation en déposant une requête. Ce dispositif a été établi AVEC l'association Soutien aux personnes abusées dans une relation d'autorité religieuse (SAPEC)… Pour ma part, je ne sais si la réparation financière (pouvant aller jusqu’à un peu plus de 18000 euros) qui viendra s’ajouter à la reconnaissance des actes subis apporte une bonne réponse à la problématique connue par les victimes de prêtres pédophiles, mais toujours est-il que la Conférence des Evêques de Suisse semble, non seulement avoir pris la mesure du problème, mais faire également montre d’intelligence en associant les victimes et leurs représentants au processus de reconnaissance des abus qu’elles ont subi. Chose à laquelle l’Eglise de France ne semble pas encore disposée…
Retour en France. A Sainte Foy-lès-Lyon, pour être exact. Cela ne vous rappelle rien ? Claudette, 60 ans, a décidé, 55 ans après les faits, de déposer une plainte contre l’un des frères mariste qui ont abusé d’elle alors qu’elle n’était âgée que de 6 ans. Il y a de cela près de 55 ans (Pédophilie: 50 ans après Nanou retrouve le prêtre qui avait abusé d'elle encore enfant). Le père B. est aujourd’hui le seul survivant des trois pervers qui auront fait subir un calvaire à « Nanou » pendant 6 longues années… Une nouvelle parole qui se libère enfin, grâce à l’action entreprise par LPL. N’en déplaise aux détracteurs de cette dernière, si ses fondateurs doivent en rougir c’est de fierté.
En marge de l’action de La Parole Libérée – mais finalement pas tant que cela – un article édifiant en provenance de Grande Bretagne et qui me laisse à penser que le Brexit aura peut-être été salutaire tant la société britannique est capable de donner existence à des libertés, comment dire… déroutantes. Que penser, en effet, de ceci : « Child sex dolls the size of girls aged THREE available to buy in the UK ... and they're completely legal ». Avec la traduction cela vous semblera peut-être plus clair: « Des poupées gonflables de la taille de petites filles de 3 ans sont disponibles à la vente… et cela est complètement légal » (Child sex dolls size girls). Vous ne rêvez pas et ce n’est pas l’un de ces hoax dont l’Internet est coutumier. En vente pour un montant variant de 470 à 770 euros, ce sont des centaines de modèles qui sont disponibles, semblables à des petites filles de 3 à 9 ans… Avec ce commentaire à vomir « Ces innocentes petites filles attendent que vous les accueilliez »… Dans quel but ce type de vente est-elle légale ? Afin que ces « poupées sexuelles » servent d’exutoires à des pédocriminels en puissance ? Les vendeurs et les législateurs britanniques y croient-ils seulement ? Or, perhaps, do not they care ? Because business is business? But these kind of business make us 'throw up'… (Ou peut-être n’en-ont-ils rien à faire? Car les affaires sont les affaires? Mais ce genre d’affaires nous fait vomir…).
Le chemin de lutte contre la pédophilie et ceux qui l’aiguillonnent promet donc d’être long. Le travail accompli par les acteurs de LPL le prouve chaque jour un peu plus. Outre les actions directement liées à « l’Affaire Preynat », outre le combat à poursuivre pour une réelle prise de conscience de l’Eglise Catholique (c’est-à-dire que les belles paroles soient suivies d’actes concrets et forts), il semble bien que subsiste encore des comportements et des analyses d’un autre âge. Alors certes, l’exemple précédent concerne nos voisins anglais, « toujours » dans l’Europe aujourd’hui, rappelons-le… Ce qui en dit long sur ce que les instances européennes sont (in)capables de mettre en œuvre comme régulations au sein des Etats Membres…
Alors, oui, parfois, les bras retombent, un peu las. Les espoirs de victoire contre ce fléau qu’est la pédocriminalité semblant décidément bien lointains. Mais, comme souvent, c’est dans les moments où le moral fléchit que survient une note positive, laissant présager du mieux, du bien. Ainsi, le 25 juin dernier, le Nouvel Observateur nous a-t-il révélé qu’en marge de la réunion des prêtres du Diocèse de Lyon provoquée le 25 avril par le Cardinal Barbarin, « un prêtre, lui-même victime d'abus sexuels, y avait pris la parole. Et avait exprimé face à quelques 200 confrères son amertume vis-à-vis de la gestion des scandales par le cardinal Philippe Barbarin. » (Un prêtre épingle le cardinal Barbarin). Cette prise de parole a été suivie de l‘envoi à France 3 Rhône Alpes d’une lettre qualifiée de « très critique ». Pour ma part je dirais plutôt très lucide. Morceaux choisis… Lucide, en effet, lorsqu’il dénonce « la surréaliste rencontre entre une victime du père Preynat, la personne "en charge des victimes" au diocèse de Lyon, Régine Maire, et le père Preynat lui-même : "Nous atteignons un sommet dans la violence et la manipulation, digne du pervers lui-même ou d'une secte : obliger la victime à tenir la main de son agresseur et à pardonner, tout cela sacralisé par des prières." ». Lucide, encore, lorsqu’il s’exprime au sujet du cabinet de conseils en « gestion de crise » - Vae Solis – engagé par le diocèse : "Il semble que l’évêque ne reçoive que difficilement les victimes. Cela donne l’impression qu’il s’en méfie. Mais l’écoute ne se délègue pas. L’embauche d’un cabinet de conseil en communication est aussi désastreuse qu’inutile, comme on l’a vu. Elle manifeste en effet et encore qu’il s’agit de se défendre." Lucide, enfin, lorsqu’il conclut : "Notre loyauté même vis-à-vis de l'évêque passe par une prise de parole qui lui dise clairement qu'il fait fausse route". Certes, d’aucuns pourraient lui reprocher son anonymat. Mais ce serait oublier qu’il s’est adressé devant ses pairs et que ces derniers savent donc très bien de qui émane cette lettre pleine de clairvoyance. Pour autant, la seule réaction du Diocèse suite à la réunion du 25 avril sera qu’il est « reconnu […] des erreurs dans la gestion et la nomination de certains prêtres. » Dont acte…
Pendant ce temps, le cardinal Barbarin s’affiche, sur Twitter, tout sourire, aux côtés de Jean-Michel Aulas lors du huitième de finale de la Coupe d’Europe de football (France-Irlande) au Parc OL… Priorisation des dossiers ? Volonté d’afficher ses soutiens ? En tous cas, et pour une nouvelle fois, voici qui fait montre d’une belle indécence…
Mais peut-être le Cardinal affiche-t-il une telle sérénité car il est confiant dans les mesures présentées sur le site du diocèse de Lyon le 30 juin ? Ou bien est-il confiant quant aux suites de l’enquête préliminaire ouverte contre lui pour mise en danger de la vie d’autrui ? De ce dernier point nous serons amenés à parler un peu plus loin. Pour l’heure, revenons aux fameuses mesures. Voici ce que l’on peut découvrir sur le site du Diocèse (Normes nouvelles en matière de lutte contre la pédophilie dans l'Eglise):
« • Tout prêtre ayant commis des faits d’agression sexuelle sur mineur, quelles que soient la date des faits et la date de découverte de ces faits, se verra écarté définitivement de tout ministère.
• Tout prêtre soupçonné de faits d’abus sexuels, s’il fait l’objet d’une mise en examen ou d’une poursuite devant une juridiction pénale, sera, par mesure conservatoire, écarté de sa charge durant le temps de la procédure, dans le respect de la présomption d’innocence. Une enquête canonique sera diligentée conformément aux dispositions du droit canon.
• À tout prêtre extérieur accueilli dans le diocèse de Lyon pour un ministère même temporaire, il sera demandé une attestation signée de son supérieur, certifiant que ce prêtre répond aux critères diocésains en matière de lutte contre les abus sexuels et qu’il n’a aucun antécédent en ce domaine.
• Tout prêtre, diacre ou laïc en mission ecclésiale recevant une nomination dans le diocèse s’engagera à signer et à respecter l’ensemble des dispositions visant à lutter contre les abus sexuels dans l’Eglise.
Le diocèse de Lyon rappelle qu’une cellule d’écoute des victimes a été mise en place ; celle-ci fonctionne maintenant depuis plus de deux mois. Un numéro de téléphone, 04 78 814 845, est disponible pour toute personne souhaitant révéler de nouveaux faits ou être écoutée par des psychologues. Certains appels reçus par ces psychologues ont été suivis, à la demande des victimes, de rencontres personnelles.
Un collège d’experts a également été mis en place. Il est composé d’un haut magistrat honoraire, d’un psychiatre, d’une psychanalyste, d’un médecin, d’une mère de famille, d’un père de famille, de l’assistante sociale du clergé, du chancelier du diocèse et du vicaire général modérateur. Il a pour objet de donner un avis au cardinal sur la situation de prêtres auxquels sont imputés des faits d’abus sexuels sur mineur ou majeur. Il s’est réuni à sept reprises pour étudier la situation des prêtres récemment mis en cause mais également de cas plus anciens. A l’issue des avis émis par le collège d’experts, quatre prêtres ont été relevés de leur ministère. D’autres ont fait l’objet de mesures d’accompagnement particulier.
Pour toutes les situations concernées, les faits sont connus de l’autorité judiciaire. Par ailleurs, des mesures canoniques ont été prises, et les procédures correspondantes engagées ou poursuivies.
Le collège a vocation à examiner à l’avenir toute autre situation qui serait portée à la connaissance de l’archevêché. »
Il n’y a rien qui vous choque ? Relisons, je vous prie, les deux premiers alinéas…
« Un prêtre AYANT commis des faits d’agression sexuelle sur mineur »…
« Tout prêtre soupçonnés de faits d’abus sexuels, S’IL FAIT L’OBJET D’UNE MISE EN EXAMEN OU D’UNE POURSUITE PAR UNE JURIDICTION PENALE ».
Il semblerait que le « AYANT » renvoi à une mise en examen ou une poursuite par une juridiction pénale.
Ce qui revient à dire qu’un prêtre ne répondant pas à ces critères, mais ayant, par exemple, avoué ses actes à l’un de ses supérieurs, ne tomberait pas sous le coup de cette décision. Et donc ne serait pas écarté définitivement de tout ministère.
Quid de l’application du Droit Canon qui, me semble-t-il, stipule qu’un prêtre pédophile peut, voir DOIT être dénoncé par sa hiérarchie, si les victimes n’osent pas le faire ?
Il aurait été de bon ton de le rappeler.
Car cela laisse la porte ouverte à un « lavage de linge sale en famille » qui serait du plus mauvais effet… Car ainsi que le rapporte le journal Libération: « Il existe une urgence à installer une procédure réelle de signalement » (L'Urgence: instaurer une obligation réelle de signalement). Le problème étant que cette procédure existe déjà dans le Droit Canon ! Qu’attendent certains ecclésiastiques pour se considérer comme obligés de signaler l’un de leurs pairs ou de leurs subordonnés ? Que le Droit Civil les y contraigne ? Ainsi, quid des « quatre prêtres ont été relevés de leur ministère » ? A leur sujet, il a été dit par ailleurs (Pédophilie: 4 prêtres relevés de leurs fonctions) que leurs cas étaient connus de la justice. Ont-ils été dénoncés auprès des instances judiciaires civiles par les autorités diocésaines ou est-ce parce que leurs cas étaient connus de la justice que ces dernières ont pris la décision de les sanctionner ? Et quid des 3 autres cas (puisque le collège d’experts a été réuni 7 fois…) ? Ont-ils été portés à la connaissance de la justice ? Si non, ce conseil est-il compétant pour en décider ?
Autant de questions qu’il me semble légitime de poser. Qui demande des réponses… Quoi qu’il en soit, il demeure un flou sur l’identité des prêtres suspendus, un flou relevé, à nouveau, par le journal « Libération » (L'opération mains propres du diocèse de Lyon). Un flou qui ne peut qu’attiser les suspicions au sujet de la transparence avec laquelle le Diocèse de Lyon dit gérer la problématique des prêtres pédocriminels.
Mais durant cet été était également attendue une décision de justice. Comme le dit l’adage : « Dura lex, sed lex »… Lorsque, début août, le parquet de Lyon a décidé de classer sans suite l’enquête préliminaire ordonnée en mars 2016 à l’encontre du Cardinal Barbarin pour "non-dénonciation" d’agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans commises par un prêtre du diocèse de Lyon, il est certain que les victimes du père Preynat ont trouvé la pilule juridique dure à avaler. Du côté de Mgr Barbarin et de ses défenseurs, je n’irai pas jusqu’à dire que le triomphe n’a pas été modeste, mais disons que le sourire était de rigueur. Ainsi, Me Soulier de pérorer sur France Info le 2 août « qu'il est établi que le cardinal Barbarin et ses collaborateurs n'ont commis aucune faute ». A croire qu’il ne connait pas bien « son droit » et qu’il confond classement sans suite pour prescription et absence de faute commise… Pour autant – et le « Nouvel Observateur » l’explique très bien (Ce que veut dire le non lieu dans l'affaire Barbarin?) - la décision était logique (mais ses ressorts bien loin de l’interprétation faite par Me Soulier). Révoltante sur le plan humain mais logique du point de vue légal. En effet, « en matière de non-dénonciation, ce délai de prescription est de trois ans ». Or, en reculant, mois après mois, au fur et à mesure que la mémoire lui revenait, l’année au cours de laquelle il avait été informé des « travers » du père Preynat, (« le parquet de Lyon a confirmé que les autorités diocésaines avaient eu connaissance de soupçons visant le père Preynat entre 2005 et 2010 »), Mgr Barbarin est progressivement sorti de la zone de « non prescription ». Et là où le pékin moyen voit quelqu’un qui s’est, finalement, enferré dans le mensonge de nombreuses années, ce qui pourrait le conduire à en répondre, justement, devant la justice, cette dernière répond « prescription ». Cette foutue prescription : encore et toujours… Oui… Dura lex, sed lex…
Et qu’en dit le principal intéressé, à savoir le Cardinal Barbarin ? La même chose qu’en 2010, après qu’une affaire similaire ait déjà éclaboussé le diocèse de Lyon: "J'espère que cet avertissement très fort, douloureux, sera profitable pour nous" (Barbarin 2016) vs "Ce choc est déstabilisant, mais sera profitable" (Barbarin 2010)... « A qui profite le crime », aurait-on plutôt envie de dire…
S’il y en a un qui ne semble pas prêt à faire profil bas malgré un triomphe, il convient de le dire, sans gloire, c’est bien Me Soulier. Ce qu’il essaye de faire passer pour une victoire éclatante, aurait pu au moins le conduire à plus de sérénité. Mais non… Il va, en effet, une nouvelle fois, saisir l’occasion de tenir des propos scandaleux à l’encontre de LPL, profitant de l’acte terroriste qui a causé la vie du père Hamel. Délicat. Comment qualifier, en effet, les propos tenus par l’avocat le 1er août sur i-Télé, mêlant la mort horrible du père Hamel et l’affaire qui l’occupe : « Je veux vous dire simplement une chose..., dans la note que nous avons donné au procureur de la République, nous relevions que l’un des acteurs majeurs de la Parole Libérée avait dit « nous ne nous arrêterons pas » … c’était bien avant les évènements tragiques de ces dernières semaines, « nous ferons péter le diocèse ». Écoutez… quand même… il faudrait raison garder, non ? ». Immonde. Fermez le ban (et le reste).
Et depuis ? Depuis, à Pau, condamné pour viol un ancien prêtre s'occupe d'une pastorale d'enfants. Selon l’archevêché de Toulouse, ce prêtre - condamné en 2006 à 5 ans de prison – dont 1 avec sursis - pour viol sur un adolescent de 16 ans - n’aurait « Aucun contact direct avec les enfants », ce qui doit—être pratique pour exercer sa mission, et il « ne confesse jamais dans un endroit isolé » (sic).
Depuis, le Pape a accordé une entrevue à Marc Zuckerberg afin de discuter de la pauvreté (Le Pape a reçu Marc Zuckerberg). Ce qui a fait dire à Laurent que « Si le Pape parle de pauvreté avec des milliardaires, il ne risque pas prêt à parler de pédophilie avec nous »…
J’avoue avoir été assez tenté de conclure cette (trop) longue chronique par ces mots, pleins d’à propos, qui en disent long, tant sur le fait que LPL a de plus en plus de mal à croire que son appel sera entendu par le Saint Père, que sur le - nécessaire - recul dont ses membres sont encore capables. Je m’apprêtais donc à conclure ma seconde Libre Chronique, lorsque Alexandre nous envoya un éditorial de Jean-Pierre Denis, Directeur de la rédaction du journal La Vie (Pédophilie: veut-on en finir?). Cet éditorial, daté du 3 mai 2016 et donc vieux de 4 mois, est effrayant de par son actualité, tant les mesures annoncées par les autorités de l’Eglise de France – dont celles en charge du diocèse de Lyon – semblent encore procéder des ressorts décrits par Jean-Pierre Denis. Cette Eglise de France qu’il décrit comme « Brouillonne, passive, louvoyante, souvent en retard d’un épisode ou d’une vérité, toujours sous-estimant le malaise, la réaction de l’institution a aggravé une situation qui aurait pu et dû être maîtrisée ». Aujourd’hui, « l’Église catholique n’est donc plus en mesure de faire la leçon. Ni aux autres institutions, sportives ou éducatives. Ni aux médias futiles ou hostiles. Ni aux fidèles infidèles. » « Pourtant, toujours selon Jean-Pierre Denis, elle peut encore se montrer à la hauteur des circonstances, si elle choisit l’humilité et l’exemplarité. Mais la réponse doit se conjuguer à trois temps. Au présent, par l’écoute des victimes, une écoute réelle. Au futur, non par la publication d’un guide de bonnes pratiques, mais par son application effective. Au passé, par la transparence. La publication d’un état des lieux complet, diocèse par diocèse et époque par époque, mettrait fin à ce lamentable feuilleton. […] Encore faudrait-il s’y employer rapidement, sincèrement, exhaustivement. Et sans attendre que la justice déboule. C’est avec une telle méthode qu’il faudrait procéder. Si on avait opéré ainsi et il y a plusieurs années, on n’en serait pas là. Des abus auraient été évités. Et notre Église serait plus audible. »
Voilà… Tout est dit. LPL, affublée de qualificatifs peu reluisants et soupçonnée d’ourdir les complots les plus vils à l’encontre de l’Eglise Catholique par ses (rares) détracteurs, n’a jamais cessé de dire la même chose. Le lire sous la plume du Directeur de la Rédaction de La Vie me fait personnellement un bien fou. Même si après 4 mois, le bilan de la soi-disant action de l’Eglise paraît bien maigre et son ambition globale bien éloignée de l’excellente feuille de route qu’avait tracée Jean-Pierre Denis. Peut-être que si elle daignait écouter les principaux intéressés (les victimes et/ou leurs représentants) à l’image de l’Eglise de Suisse, peut-être que si elle se décidait à faire montre de cette humilité dont elle nous rebat les oreilles, peut-être que si elle cessait d’avoir peur des nombreux cadavres qu’un audit généralisé ne manquerait pas de débusquer des placards diocésains, peut-être que si, tout simplement, elle se montrait à la hauteur de la fonction à laquelle elle prétend, peut-être, alors, que nous pourrions aujourd’hui être rassurés. Il n’en est rien, hélas…

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par Pierre FONTANARI le Dim 4 Sep - 10:51

Juste après la fin de la rédaction de cette Libre Chronique, nous avons appris que le Pape avait accordé une audience à... un Labrador...
Certes ce chien de secours est-il très méritant, mais on peut s'interroger sur la stratégie de communication du Saint Père qui visiblement mise plus sur les youtubers, les milliardaires et le clébards que sur les victimes de prêtres pédophiles pour redorer l'image de l'Eglise Catholique Romaine.
Déroutant pour le moins.
Affligeant, en fait.

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par Pascal 55 le Mar 6 Sep - 22:47

Sonné, oui je suis sonné par votre seconde Chronique. Bravo et encore un grand merci.
Et oui, votre pape se prend sans aucun doute pour François d’Assise, mais lui s'était une autre pointure car il faisait ami-ami avec un loup. Et ça c'est plus risqué. Un peu d'humour ne fait pas de mal !  
Quand à nous tous pauvres victimes nous avons réellement à faire à des loups voraces qui seront très difficiles à mater.
J'enrage en écrivant cela et ne peut m’empêcher de penser à l'arrogance et au mépris affichés par ce cardinal, imbu de son pouvoir. Ah orgueil quand tu nous tiens !
Gardons espoir et surtout ne lâchons rien.
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chronique n° 2

Message par Reine le Mer 7 Sep - 11:56

Pierre votre chronique est on ne peut plus claire et fort intéressante !!! Toute la démonstration est faite du bien fondé de votre combat et comment la justice serait elle aussi sourde à toutes ces affirmations démontrées ???

Il faut encore attendre, toujours attendre, mais je suis persuadée que la vérité sortira au grand jour - les croyants et les non croyants dont je fais partie, seront tous autour de vous, les enfants abusés, pour fêter l'évènement même s'il tarde à venir. Patience !

Je viens d'acheter en attendant le livre d'Isabelle Gaulmyn et j'invite tout le monde à le faire aussi - Vous aurez ainsi la force de l'union autour de vous.

Je vous embrasse

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par Sophie DUMARD le Jeu 8 Sep - 23:33

Merci Pierre pour vos chroniques très documentées, vous posez les bonnes questions. Pour nous, proches de victimes, cela semble n'être que du bon sens, pour d'autres c'est plus compliqué. Ceci dit, grâce à l'action de LPL, et à votre constance, on rallie chaque jour quelques personnes supplémentaires à votre cause. On avance à tout petits pas, mais je pense qu'on avance. Il faut parfois du temps à certains pour avoir le courage de regarder la vérité en face. Mais au cours de ces derniers mois, j'ai vu autour de moi des gens accepter, au bout d'un certain temps, d'ouvrir les yeux. Et je salue leur courage, à l'image de celui d'Isabelle de Gaulmyn dont j'ai lu le livre. Lecture que je recommande à tous ceux qui veulent se faire une idée précise de cette affaire Preynat, à tous ceux qui ont des doutes, des questions. Journaliste à la Croix, catholique, pratiquante, elle connaît Barbarin, le Vatican, elle connaît des victimes, et elle connaît Preynat puisqu'elle a fait partie du groupe Saint-Luc. Elle est donc très bien placée pour parler de toute cette affaire. J'espère que son livre vous aidera.

REINE, je suis contente de vous avoir retrouvée ! Merci pour vos messages encourageants. Depuis le début, vous êtes le rayon de soleil de ce blog/forum !

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par Pierre-François Farigoule le Jeu 29 Sep - 16:49

Bonjour,
Avec retard je reprend la lecture de vos chroniques.
Merci pour la dernière : pour le témoignage de ce prêtre qui fut lui-même victime (je m'y reconnais bien et je comprends son souci d'anonymat) ; pour l'exemple de l’Église Catholique (romaine) de Suisse, car elle met en œuvre une "réparation" qui ressemble à ce que j'attendrais pour moi : la reconnaissance des faits par mon agresseur, publiquement (cad devant moi et en présence d'un témoin), et une "réparation matérielle" (dans un premier temps je m'y refusait, mais après réflexion, cela me semble nécessaire dans un processus de restauration).
J'en profite pour vous recommander un roman qui m'a fortement interpellé : La Houlette, de Kamil Hatimi (Elyzad, 2015). Il s'agit sous forme romancée du parcours d'une victime (ça ne se passe pas dans une Église). Ce qui ma interpellé, c'est que l'auteur dénonce un comportement "culturel", qui concerne le fonctionnement de toute la société, et qui participe à créer une société partagée entre les "dominants" et les "dominés". La "pratique de la pédophilie" y devient un outils au service du maintien de cet état de domination. à méditer...
Cordialement.

Pierre-François Farigoule

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par lyonne le Ven 7 Oct - 14:21

Je suis frappée par deux choses : l'inconscience des supérieurs des prêtres (qui prennent de mesures inappropriées), et l'absence de compréhension de l'entourage qui met en avant les cabales ou sa "vengeance pour d'autre raisons" avant la parole de l'enfant, de l'adolescent, du témoin qu'est la paroissienne catéchiste.
Ainsi avec Preynat et ces derniers jours avec Di Falco, Peccoud, Spitz.
"On" démonte l'adolescent, on ne prend pas la mesure et le prêtre est expédié par ses supérieurs en province sans regarder dans quel milieu il évoluera et sans prévenir (inconscience ?!), on l'expédie à l'inverse un an à Paris pour se remettre d'aplomb... Et le suivi ?  
Auriez-vous des ressources bibliographiques, des extraits, des paroles de spécialistes qui pourraient confirmer aux personnes de leurs entourages que, non, on ne peut faire confiance à ce proche, et que c'est plutôt la parole du plus petit (l'innocent) qu'il faut entendre et non celle du prêtre incriminé (innocent présumé et pas forcément innocent tout court).
Il y a un incroyable retournement des mots "innocent" et "victime". On entend : "Il est victime de ce gars qui veut se venger, il est victime de médisances, il est victime de fausses accusations" dit l'entourage...
En réalité, le "petit" qui s'exprime sur le mal qu'on lui a fait ne le fait pas gratuitement, pour vengeance, mais bien par cequ'il est marqué à vie. Voilà avez vous des études de psychologie sur les victimes d'abus :  la réaction et la sincérité de la personne atteinte d'abus, chose est difficile à faire entendre auprès de certains prêtres, sans doute pas assez armé par une déficience des études au séminaire (peu de psychologie), pas mature aussi ou trop confiant dans leurs confrères ?

lyonne

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

Message par Jonquille le Dim 9 Oct - 12:25

En réponse à Lyonne,
Les prêtres en général vivent dans un univers spirituel intense qui les coupe des préoccupations quotidiennes de tout un chacun. Ils n'ont pas le souci de l'autre sur les différents plans humains. Pas étonnant qu'ils n'en ont pas conscience car ils n'en ''comprennent que peu de choses '' puisqu'ils ne le vivent pas. LOGIQUE que les prêtres pédophiles se défendent comme des diables pour banaliser, faire taire. Ils n'ont pas clairement conscience des effets de leur dualité des forces du bien et du mal sur le plan sexuel.

Le petit avant qu'il ne parle est ''nourri'' physiquement, affectivement, psychologiquement. Il est parlé par les autres personnes (famille etc). Ce n'est qu'ensuite que le petit va se mettre à parler et à échanger...quelle merveille!!!

Les prêtres pédophiles se servent de l'enfant pour en abuser, à un âge où l'émergence de la sexualité n'est pas encore là. Pas étonnant que l'enfant abusé ne peut en parler! Et les pédophiles leur disent de se taire , que c'est un secret. Non mais!!!!! De quoi être vraiment troublé, déstabilisé. A quel stade de développement les pédophiles sont ils restés? L'univers spirituel serait il utilisé pour eux comme un exutoire?

Les familles confient selon nos références traditionnelles leurs enfants aux membres de l'Eglise pour une éducation religieuse, à des prêtres qui ne connaissent rien à l'enfant. On voit le résultat... On fait confronter sans s'en rendre compte nos enfants à deux univers incompatibles ( celui prêtres célibataires, et celui des parents..) Nous parents n'aurions nous pas fait l'articulation heureuse de la vie quotidienne et de la ''morale''? On apprend à être parent et avec les références de nos parents.

Les références bibliographiques de pédopsychiatres ,de psychanalystes sont celles sur le développement de l'enfant en Psychologie qui éclairent vraiment.


Jonquille

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Re: Chronique du 15 juin au... 31 août 2016!

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