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Chronique n°4 - Les Canards sans Tête

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Chronique n°4 - Les Canards sans Tête Empty Chronique n°4 - Les Canards sans Tête

Message par Pierre FONTANARI Ven 15 Mar - 13:52

Les canards sans tête

Tout le monde, ou presque, a l’image.
Celle d’un canard auquel une âme peu charitable aurait tranché le cou.
Le pauvre animal – si l’on en croit les estampes d’Epinal - court en tous sens, de manière erratique, répandant sang, lymphe et autres humeurs, y compris les plus noires, le tout sans discernement aucun, maculant les lieux façon Pollock, jusqu’à ce que, à bout de nerfs, il finisse par s’effondrer, parachevant le repoussant tableau d’une dernière expulsion de fiente, cloacale et malodorante.
Il est des hommes qui semblent se complaire à se comporter comme ce malheureux canard. Affectionnant de se répandre en humeurs bilieuses, sans plus de discernement qu’y celui, ni plus de cervelle d’ailleurs.
Ainsi en est-il de l’autoproclamé Directeur du Salon Beige, ci-devant M. Guillaume de Thieulloy. Ce dernier considère que le verdict concernant le Cardinal Barbarin est, dixit « à vomir ». Et ce pseudo plumitif d’agréger en un indigeste, mais véhément, salmigondis, défense de la chrétienté, de la famille au format catholique et d’un représentant de l’Eglise, en la personne de l’Archevêque de Lyon. Mêlant à sa diatribe quelques éléments de langages dénonçant la PMA, la GPA, il entend démontrer qu’il y a un peu de mauvaise foi de la part des juges à avoir cloué au pilori un brave homme dont le sacerdoce est tout au service de la protection des faibles et notamment des enfants. Comment pourrait-il être soupçonné d’avoir couvert des actes aussi immondes que ceux qui relèvent des penchants pédophiles de certains prêtres de son Diocèse ? On mesurera l’acuité et la pertinence du propos. Mieux vaut que M. de Thieulloy demeure rédacteur de blog plutôt qu’avocat, car il risquerait de faire sourire dans les prétoires. Vous l’aurez compris, reconnaître le Cardinal Barbarin coupable de non dénonciation relève d’une attaque en règle contre l’Eglise, et même, contre la Foi qu’il sert, ou plutôt prétend servir. Oui, je me permet d’utiliser le verbe prétendre, car lorsque l’on ose cette phrase - qui pour moi n’est pas simplement malheureuse mais beaucoup plus sûrement le cri d’un cœur envahi non par la grâce mais par le soulagement - « Grâce à Dieu, les faits sont prescrits », on s’aliène en même temps tout espérance dans le fait d’attirer de la commisération (ah ! la fameuse Miséricorde dont on nous a abreuvé, pour nous expliquer que les prêtre pédophiles souffrent dans leur ministère, dans leur chair et dans leurs âmes même de ce travail de sape conduit par Satan himself !) de la part de tout citoyen saint d’esprit, fut-il croyant ou simplement baptisé ! Or, Thieulloy se fait le porte-parole, mieux il incarne, ce Catholique recuit à la brûlure de textes sacrés ânonnés à défaut d’être compris et qui pense qu’un Cardinal – et même un simple prêtre – n’est pas un Homme ordinaire. Et partant de là il ne saurait être considéré comme tel et donc souffrir des mêmes travers que le vulgum pecus. Ces gens-là sont des caricatures de croyants. De ceux que Guillaume Meurice ou les équipes de Yann Barthès affectionnent de questionner sur des questions de société car ils sont sûr d’en avoir pour leur argent. Critiquer un membre de la Curie c’est un sacrilège qu’un « vrai » baptisé ne peut commettre. Mes amis, je vous le dis, nous sommes tous voués à la damnation par ces détenteurs de l’unique vérité qui vaut… Mais M. de Thieulloy oublie le tombereau de faits qui entachent la moralité de certains ecclésiastiques et par là-même l’Eglise toute entière et ses baptisés ! Des faits têtus qui font que le cas Preynat n’est pas isolé, qui font que le Cardinal Barbarin – et pas seulement - a d’autres casseroles du même type qui tintent de façon disharmonieuse lorsqu’il se déplace, voire même se contente de sourire. Des faits têtus qui font que, jusqu’au plus haut sommet de l’Eglise, la pédophilie ne cesse de conduire au parjure (ah ! la promise et donc attendue tolérance zéro !). Mais bon sang, ces crétins ne perçoivent-ils pas le mal qu’ils font à l’institution qu’ils prétendent défendre tout en fermant les yeux sur des faits qui les dérangent ou lorsqu’ils tentent de se dédouaner en bafouillant des « mais je n’étais pas aux affaires lorsque le cas Tartampion a été porté à la connaissance des autorités religieuses ! » (Oubliant que depuis il a été alerté par deux fois au moins et qu’il a même été jusqu’à promouvoir l’indélicat Curé), des « lorsque quelqu’un me parle j’ai la faiblesse de le croire ! » (essayant de faire accroire à son interlocuteur que les responsables de l’Eglise, en fins politiques qu’ils sont souvent, sont dénués de tout vice et empreints d’une tendre naïveté) ou encore « j’ai prié et prie encore pour ces pauvres victimes » (faisant mine d’ignorer que la prière des autres, malheureusement, n’est que cautère sur jambe de bois pour une victime de viol – ah ! cette vilaine cicatrice qu’il ne faudrait point trop gratter !), j’en passe et des meilleurs… Faut-il être à ce point aveuglé par sa foi, pour ne voir dans le jugement à l’encontre du Cardinal Barbarin qu’un prétexte pour gémir contre les vilaines gens qui ne veulent que du mal aux gentils Catholiques (se dressant, au passage, de manière très cavalière, à un niveau proche du martyr, véritable celui-ci, que connaissent les Chrétiens d’Orient – appréciez le lyrisme de ce passage que d’aucuns jugeraient croquignolesque : « Il faut nous préparer à des temps difficiles, à des temps où la profession de notre foi chrétienne nous vaudra toutes sortes d’avanies » (« et framboises » aurait ajouté le regretté Bobby La Pointe). Comment peut-on être aussi « à côté de la plaque » pour ne pas vouloir voir que Mgr Barbarin, en plus d’une absence de réaction coupable en 2007 (date à laquelle il a reconnu avoir été informé des travers du porc Preynat), puis de nouveau en 2011 (l’évêque auxiliaire d’alors, Mgr Brac de La Pérrière vient d’ailleurs de reconnaître des errements coupables), a fait preuve dans cette affaire d’un déni de compassion, d’écoute, de compréhension à l’égard des victimes - au demeurant fort peu compatible avec la foi qu’il professe – et ce tant qu’il n’a pas été cerné et pressé de toutes parts ? Que d’eau a coulé sous le pont Bonaparte durant ces 8 ans qui ont séparé l’alerte de 2007 de la première réaction officielle de Monseigneur… Suffisamment en tous cas pour que des victimes de Preynat deviennent prescrites. Et sans doute est-ce cela qui en fait le 7 mars a, je le crois sincèrement, fait prendre, aux juges saisis du dossier, la décision de refroidir la sérénité du prévenu et de ses avocats (en s’appuyant sur des dates et donc des faits, n’en déplaise aux affidés du Cardinal). Je n’évoquerais même pas la demande relayé par ce même Salon Beige (un blanc cassé un peu dégueulasse en fait…) de soutenir, au moyen de courriers, le pauvre Cardinal, si mal dans sa peau face à une tempête de mauvaise foi, si peu méritée. Mais un Catholique digne de ce nom n’aurait-il pas du adresser force courriers aux victimes de prêtres pédophiles via notamment les associations qui entendent permettre de libérer leur parole ?
Que dire d’un autre Président (décidément, ils le sont tous), celui des Entretiens de Valpré, qui évoque « la pression médiatique de l’amalgame » qu’auraient connu les juges en charge du dossier Barbarin, celle « des livres à sensation » (ben oui, qu’une victime dise dans un livre qu’elle a été obligée de pratiquer une fellation à un prêtre qui avait un ascendant spirituel et autoritaire sur elle c’est faire preuve de sensationnalisme, il vaut mieux évoquer « des gestes contraires à la chasteté » et basta, non ?), avant que d’entamer une litanie de « On cherchera dans toute autre organisation humaine un exemple similaire d’homme condamné pour la non dénonciation de faits prescrits… ». Encore une fois ces gens-là sont-ils donc aveuglés par leur volonté de taire et de dissimuler les travers humains de ceux qu’ils idolâtrent pour qu’ils ne perçoivent pas la différence entre une organisation humaine et une institution religieuse ? Sont-ils donc à ce point aveuglés qu’ils ne peuvent faire montre d’aucune objectivité pour avouer que la seconde prétendant dicter aux Hommes un cadre moral d’où il conviendrait de ne point sortir, cela l’oblige à avoir une responsabilité beaucoup plus grande lorsqu’il s’agit de dénoncer des faits – y compris prescrits ! - ayant porté atteintes à une créature du Dieu auquel ils croient, une créature faible, l’un de ces tout petits dont parle l’Evangile ? Ne serait-ce que pour éviter que le plaignant, certes aujourd’hui adulte ne soit bientôt rejoint par une ribambelle de nouvelles victimes. L’Eglise leur paraît-elle soumise aux mêmes règles que celle qui régissent le pouvoir temporel ? Le Pape n’est-il pas infaillible ? Et avec lui ceux à qui il confère des pouvoirs spirituels, assistés qu’ils sont par le Saint-Esprit dans leur ministère ? N’héritent-ils donc pas des casseroles laissées par leurs prédécesseurs, et ce à la différence de tout laïc héritant d’un quelconque pouvoir temporel ?
Jusqu’aux Associations Familiales Catholiques du Val de Marne et de Seine Saint Denis qui appellent à soutenir l’Archevêque qui traverse « une épreuve », au motif que les « AFC du Val de Marne lui sont particulièrement redevables puisque c'est son père qui les a créées en 1979 » ! Cela ne s’invente pas…
Tous ces gens voudraient se faire détester qu’ils ne s’y prendraient pas autrement, tant ils semblent incapables d’objectivité, faisant preuve bien au contraire d’une farouche partialité doublée d’un aveuglement crasse. Oui : ils sont tels des canards sans tête qui battent des ailes, éperdus, s’agitent en vain, se débattent de façon désespérée, se déplacent sans logique aucune tout en répandant leurs humeurs emplies de fiel et finissant dans un ultime spasme sphinctérien nauséabond. Tous sauf un… En effet, un qui ne s’agite pas trop c’est le chantre de la tolérance zéro, celui qui a l’habitude de formules choc dès lors qu’il monte dans un avion. Celui qui, en 2016, s’est fendu d’une lettre apostolique, intitulée «Comme une mère aimante» et d’un décret incorporé au Droit Canon par lesquels il indiquait que les évêques se rendant coupables de «négligence dans l'exercice de leur fonction» vis-à-vis de cas «d'abus sexuels commis sur des mineurs», pourront être révoqués, le droit canon prévoyant déjà la révocation pour «causes graves». Il précisait également que les évêques, doivent «faire preuve d'une particulière diligence dans la protection des plus faibles parmi les personnes qui lui sont confiées». Pour autant, recevant le Cardinal Barbarin, alors mis en cause pour non dénonciation d’affaires de pédophilie et d’agressions sexuelles dans son Diocèse il l’avait confirmé dans son poste, alors même que les naïfs que nous sommes pensaient que Monseigneur en prendrait pour son grade. D’autant que le Saint Siège avait donné depuis 2001 « des consignes fermes aux Eglises nationales du monde entier, comme la collaboration automatique avec la justice et la suspension du prêtre accusé. » Prévenu en 2007 des agissements de Preynat, le Cardinal avait préféré croire son déviant pasteur plutôt que de suivre les directives romaines. Nos pourfendeurs de bouffeurs de curés ont visiblement oublié ces menus détails, concentrés qu’ils sont à salir les victimes et leurs soutiens. Bref… Aujourd’hui, averti comme tout le monde de la volonté de démissionner de son ministre, que fait le Pape François ? Il se garde bien de prendre position. Il attend. Il attend sans doute la réception d’un courrier avec Accusé de Réception de Mgr Barbarin. Si celui-ci est aussi rapide à lui écrire qu’il a fait preuve de diligence dans l’affaire Preynat, le Prélat des Gaules pourra profiter sans doute longtemps de sa vue imprenable du haut de la colline de Fourvière.
Mais en tant qu’impayable optimiste, ce que je préfère retenir de l’actualité de ces derniers jours ce sont quelques phrases prononcées par Mgr Wintzer, Archevêque de Poitiers. Ce dernier s’est déclaré favorable au mariage des prêtres en considérant que « Le célibat est une des raisons des crimes commis sur des enfants ou sur des femmes » En effet, il estime qu’en revenant sur ce qui fut une réalité dans l’Eglise Catholique jusqu’au Concile de Latran II en 1132, on a conduit à sacraliser le prêtre. Or, comme le dit très justement Mgr Wintzer « Le prêtre n'est pas un homme sacré, l'évêque non plus. » Ainsi, « avoir des prêtres qui seraient mariés permettrait de les voir comme des hommes. » Dès lors, cela contribuerait très certainement à alléger le poids qui pèse inévitablement sur les épaules d’une victime d’un serviteur de Dieu ce dernier étant placé de facto sur un plan qui n’est pas celui d’un être humain lambda. Revenir sur « cette conception sacrale des prêtres» permettrait sans aucun doute, d’une part, de faciliter la libération de la parole des victimes et, d’autre part, à sortir de l’hypocrite omerta érigée en dogme au sein d’un Eglise dont les serviteurs seraient ramenés à leur condition d’Hommes, se rapprochant ainsi de ceux qu’ils prétendent guider sur les chemins de la rédemption. A l’inverse, continuer de réagir à la manière de certains qui se prétendent Catholiques, conduit à légitimer l’emprunt par les serviteurs de l’Eglise de chemin de traverse qui sont de véritables sentiers de perdition.

Le 15 mars 2019

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